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Aménager un open space : 11 m² par personne, circulation fluide et bruit maîtrisé

Éloïse Garcin-Destrel 9 min de lecture
Aménager un open space : plan d’aménagement, acoustique et circulation

Un plateau ouvert réussi ne se limite pas à aligner des bureaux. Pour aménager un open space confortable, il faut trouver un équilibre entre surface disponible, échanges, confidentialité, lumière, circulation et acoustique. La méthode la plus fiable part des usages réels des équipes, puis ajuste le mobilier et l’implantation.

Partir des usages avant de dessiner le plan

Le premier réflexe consiste à observer le fonctionnement de l’entreprise : qui travaille souvent ensemble, qui téléphone beaucoup, qui reçoit des visiteurs, qui a besoin de calme, qui se déplace fréquemment vers l’imprimante, les salles de réunion ou l’accueil. Cette lecture évite de créer un open space agréable sur le papier, mais fatigant au quotidien.

Surface d’open space nécessaire

Estimez rapidement la surface totale à prévoir à partir du nombre de postes et d’un repère par personne.

Saisissez un nombre entier supérieur ou égal à 1.
Choisissez le repère adapté au niveau d’occupation et de confort visé.
Surface totale estimée
110 m²
Formule : 10 postes × 11 m² = 110 m²

Limites d’usage des repères

  • Ces valeurs donnent un ordre de grandeur rapide pour le dimensionnement.
  • Elles ne remplacent pas une étude prenant en compte circulations, rangements, salles de réunion, acoustique et contraintes réglementaires.
  • La surface calculée correspond à la surface totale estimée selon le repère choisi, pas à une surface exploitable garantie.

Mesurer le plateau et identifier les contraintes fixes

Avant toute implantation, il faut relever les dimensions de la pièce, les façades vitrées, les poteaux, les issues, les arrivées électriques, les gaines techniques, les radiateurs, les zones de passage et les accès PMR. Un plan 2D suffit parfois pour un petit espace, mais un plan 3D ou l’intervention d’un space planner devient utile dès que plusieurs équipes partagent le même plateau.

Les postes de travail gagnent à être placés près de la lumière naturelle, sans exposer les écrans aux reflets ni aux contre-jours. Les façades lumineuses sont précieuses, mais elles doivent être exploitées avec des stores, une orientation cohérente des bureaux et un éclairage d’appoint adapté.

Regrouper les équipes par pôles de travail

Un bon zoning limite les interruptions inutiles. Les fonctions qui collaborent souvent peuvent être regroupées en îlots, tandis que les profils qui ont besoin de concentration doivent rester à distance des flux principaux. La direction, les ressources humaines, les fonctions financières ou commerciales peuvent nécessiter une zone plus confidentielle, partiellement cloisonnée ou proche d’une salle fermée.

Un plateau fonctionne mieux quand les zones sont lisibles. Chaque usage doit trouver sa place, sans bloquer les autres. Si l’on empile uniquement des postes de travail sans prévoir les circulations, les rangements, les bulles d’appel et les espaces de respiration, l’ensemble devient vite confus. À l’inverse, un aménagement équilibré alterne zones pleines et zones vides, avec des transitions simples à comprendre.

Prévoir la bonne surface par poste et des circulations fluides

La densité est l’un des points les plus sensibles dans un projet d’open space. Trop de mètres carrés inutilisés pèsent sur le budget ; trop peu d’espace crée du bruit, de la gêne et une sensation de promiscuité. La norme NF X 35-102 est souvent utilisée comme repère de confort pour dimensionner les bureaux.

Aménager un open space : comparaison visuelle des configurations linéaire, rosace et marguerite
Aménager un open space : comparaison visuelle des configurations linéaire, rosace et marguerite
Configuration Surface recommandée À retenir
Bureau individuel Environ 10 m² par poste Adapté aux fonctions confidentielles ou très concentrées
Open space ou bureau collectif Environ 11 m² par personne Repère courant pour préserver confort et circulation
Espace collectif bruyant Environ 15 m² par personne À envisager lorsque les échanges et appels sont fréquents

Ne pas sacrifier les passages

Les circulations doivent rester intuitives : chacun doit rejoindre son poste, une salle, une phone box ou une sortie sans contourner constamment les collègues. Un passage trop étroit génère des frottements, des conversations au-dessus des épaules et une sensation de désordre permanent. Un repère minimal de 80 cm de distance pour circuler est souvent évoqué, mais il faut l’élargir dans les zones très fréquentées.

La circulation centrale peut structurer le plateau, à condition de ne pas devenir un couloir bruyant. Les photocopieurs, casiers, machines à café et points de collecte doivent être placés de manière accessible, mais jamais au milieu des postes qui demandent du calme.

Comparer les implantations possibles

Le choix d’une configuration dépend de la taille de l’équipe, du type de collaboration et de la forme du plateau. Les bureaux bench sont efficaces pour optimiser l’espace, mais ils doivent être complétés par des séparations, du rangement et des zones de retrait.

Implantation Avantages Limites Cas d’usage
Linéaire Simple, lisible, économique en surface Peut créer un effet couloir Plateau long, équipes stables, postes similaires
Rosace Favorise les échanges dans un petit groupe Moins adaptée aux tâches très concentrées Équipes projet, pôles créatifs, cellule support
Marguerite Crée des sous-groupes identifiables Demande plus de surface et une bonne acoustique Services mixtes, organisation par métiers

Traiter le bruit comme un sujet de conception, pas comme un accessoire

Le bruit est souvent le principal irritant du travail en open space. Il ne vient pas seulement du volume sonore, mais surtout des conversations intelligibles, des appels, des déplacements répétés et des pointes de bruit imprévisibles. L’acoustique doit donc être intégrée dès le plan, et non ajoutée après installation.

Absorber, séparer et éloigner les sources sonores

Les panneaux acoustiques muraux, suspendus ou sur pieds réduisent la réverbération. Les cloisonnettes acoustiques entre postes limitent la propagation directe des conversations. Les revêtements de sol, rideaux épais, plafonds absorbants et meubles hauts peuvent aussi améliorer le confort phonique, à condition de rester cohérents avec la circulation et la luminosité.

Il est préférable d’éloigner les postes de concentration des zones d’appel, de passage et de réunion informelle. Les commerciaux, fonctions support ou équipes souvent en visioconférence peuvent être regroupés près de phone box ou de petites salles fermées, afin d’éviter que tout le plateau subisse leurs échanges.

Installer des espaces fermés pour les appels et les visios

La phone box est devenue une réponse pratique aux appels rapides, aux visioconférences et aux échanges confidentiels. Elle ne remplace pas une salle de réunion, mais elle évite de transformer chaque conversation téléphonique en nuisance collective. Pour être utile, elle doit être visible, facile à réserver ou à occuper ponctuellement, et suffisamment proche des postes sans se trouver au cœur du flux principal.

Une petite salle calme ou une zone de concentration peut compléter ce dispositif. Elle permet aux collaborateurs de s’isoler pour rédiger, relire un document, préparer une présentation ou mener un entretien sensible.

Choisir un mobilier ergonomique, modulable et lisible

Le mobilier de bureau donne la structure quotidienne de l’open space. Il doit supporter l’intensité d’usage, l’ergonomie et les évolutions d’organisation. Un mobilier trop domestique, trop massif ou mal dimensionné finit rapidement par gêner la circulation et encombrer visuellement le plateau.

Ventilation au travail : préserver la qualité de l’air en sobriété · Un document de référence de l’INRS sur la ventilation en contexte de sobriété énergétique, avec les débits d’air neuf recommandés et des solutions pour maintenir une bonne qualité de l’air.

Bench, rangements et postes ajustables

Les benchs de 2, 4, 6 ou 8 personnes conviennent bien aux plateaux ouverts, car ils regroupent les postes et facilitent le câblage. Ils doivent toutefois offrir une profondeur suffisante, des écrans bien positionnés, des assises ergonomiques et, si possible, des accessoires de séparation visuelle ou acoustique.

Les rangements sont essentiels, surtout en flex office. Casiers personnels, armoires basses, caissons mobiles et meubles partagés évitent l’accumulation d’objets sur les bureaux. Des meubles de rangement d’environ 110 cm de hauteur peuvent aussi délimiter subtilement des zones sans fermer l’espace comme une cloison pleine.

Mobilier modulable et sobriété visuelle

Un open space moderne doit pouvoir évoluer : arrivée d’une nouvelle équipe, changement de projet, télétravail plus fréquent, réunion improvisée, atelier collectif. Les tables mobiles, cloisons amovibles, assises d’appoint et bureaux reconfigurables apportent cette souplesse.

Les couleurs neutres ou pastel, les matériaux chaleureux et quelques éléments végétaux contribuent au confort sans saturer l’espace. La décoration doit soutenir l’identité de l’entreprise, mais elle ne doit pas perturber la lisibilité des circulations ni multiplier les distractions visuelles.

Vérifier le confort réglementaire et préparer le projet dans le bon ordre

Un aménagement de bureaux engage aussi la responsabilité de l’employeur. Le Code du travail impose de préserver la santé, la sécurité et les conditions de travail des salariés. Même si tous les choix ne sont pas dictés par une règle unique, plusieurs repères permettent de sécuriser le projet.

Aération, éclairage et prévention des risques

L’INRS indique un besoin de 25 m³ d’air neuf par heure et par personne dans les locaux de travail. L’éclairage doit permettre de travailler sans fatigue visuelle : on retient couramment 300 à 500 lux au niveau des postes de travail, tandis que les zones de circulation peuvent se situer autour de 120 lux selon leur usage. Ces repères doivent être adaptés à la configuration réelle du lieu.

Il faut également anticiper les accès, les issues de secours, les distances de circulation, les besoins des personnes à mobilité réduite, la ventilation, les nuisances sonores et la sécurité électrique. Un bureau d’études, un architecte d’intérieur ou un space planner peut aider à arbitrer lorsque le plateau est complexe ou fortement contraint.

Avancer par scénario plutôt que par achat immédiat

Avant de commander le mobilier, il est plus prudent de comparer deux ou trois scénarios : implantation dense mais économique, configuration équilibrée avec zones dédiées, ou aménagement plus flexible orienté travail hybride. Chaque scénario doit préciser la surface par poste, les circulations, le nombre de phone box, les rangements, les zones de réunion et les traitements acoustiques.

Cette approche facilite les arbitrages budgétaires et évite les corrections coûteuses après emménagement. Un open space performant n’est pas celui qui accueille le plus de bureaux, mais celui qui permet aux équipes de travailler ensemble sans perdre leur concentration, leur confort ni leur confidentialité.

Éloïse Garcin-Destrel
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